adeline.praud@gmail.com
+33(0)6 77 77 10 70


DÉMARCHE


Mon travail interroge la façon dont les systèmes politiques et sociaux affectent les individus qui les composent. Il s’intéresse à l'écrasement produit par les rapports de domination et interroge les notions de responsabilité et de culpabilité. À travers l’esthétique du portrait notamment, il cherche à recomposer des communautés par la juxtaposition des corps dans le cadre d'un travail sériel. Mes travaux visent la réhabilitation de corps qui sont et ont historiquement été renvoyés hors de la norme. Il cherche à produire des images et des récits capables de relier les individus et les communautés pour mieux faire face à ce qui cherche à les dissoudre.

Ma pratique photographique, bien que documentaire, est aussi personnelle. On dit que pour qu'un être humain fonctionne de manière optimale, sa part consciente et sa part inconsciente doivent dialoguer, naturellement. J'émets ainsi l’hypothèse que ma pratique relève, d'un certain point de vue, d'une démarche de résilience ;  je cherche probablement à davantage comprendre le monde, pour mieux y trouver ma place.

À plusieurs reprises, j'ai choisi de travailler en immersion longue (France, États-Unis). J'y cherche la porosité des mondes et la confrontation des cultures, qui déstabilisent et confrontent à soi-même ; je considère mes projets, avant tout, comme des aventures humaines. C'est d'ailleurs en compagnie de mes camarades photographes du collectif bellavieza que je découvre tout un pan de la photographie américaine, qui continue de m'inspirer aujourd'hui dans la réalisation de mes séries (Jim Goldberg, Lise Sarfati, Taryn Simon, Alec Soth).

Sans doute la photographie n'est-elle pas assez bavarde pour moi. Ou peut-être est-ce tout simplement mon goût pour l'écriture qui m'amène à vouloir travailler la relation esthétique et narrative que peuvent entretenir les mots et les images. Cette recherche, bien qu'encore en germe, est pour moi essentielle.

BIOGRAPHIE


Ancienne étudiante à l’école des Beaux-Arts de Nantes, je mène d'abord une carrière dans le secteur culturel.

En 2012, je participe à un workshop animé par Claudine Doury durant Les Rencontres d’Arles. C’est à ce moment précis que la photographie reprend une place importante dans ma vie. En 2013, j'intègre le collectif de photographes bellavieza. En parallèle, je continue de me former au travers de multiples formations et workshops : École Nationale Supérieure de la Photographie, Rencontres d’Arles, VU’, Aperture N.Y

Depuis 2017, je développe un travail au long cours dans une petite ville rurale désindustrialisée du nord-est des États-Unis. J'y documente le combat individuel et collectif d’une communauté qui se bat contre l’épidémie des opioïdes.

En 2022/2023, je suis invitée par Le Carré d’Art (Réseau Diagonal), dans le cadre d’une résidence de création, à développer un travail sur la santé mentale, en partenariat avec l’hôpital psychiatrique de Rennes.

J'anime depuis 2016 des workshops à destination des photographes. J'interviens régulièrement en milieu scolaire sur des projets de créations partagées. J'enseigne par ailleurs la photographie.

Enfin, désireuse de mobiliser la photographie dans le champ de l’action sociale, j'initie courant 2018, la création de l’association L’œil parlant, dans le but de mettre en œuvre des projets photographiques à destination des publics précaires et/ou marginalisés, dans une démarche participative d’empouvoirment.

Mon activité alterne entre des projets personnels, des cartes blanches et des commandes, notamment pour la presse nationale et les secteurs de l’éducation populaire et de l’économie sociale et solidaire. Lorsque je ne produis pas d’images, j'anime des projets en tant qu’artiste intervenante ou facilitatrice.

Je suis née en 1979.
Je vis à Nantes, travaille en France et à l'étranger.




« Si j'étais simplement curieuse, il me serait très difficile de dire à quelqu'un  : «  J'ai envie de venir chez vous, et de vous faire parler, de vous faire raconter l'histoire de votre vie.» Je veux dire que les gens vont me répondre  : «  Vous êtes cinglée.  » De plus, ils vont être bigrement sur leurs gardes. Mais l'appareil photo est une sorte de passe-partout (...). Chez beaucoup de gens, il y a une envie qu'on leur accorde une certaine attention et c'est le genre d'attention qu'il est raisonnable de leur offrir.  »

Diane Arbus