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A War On Us

2019/2024

Ce projet reçoit notamment le soutien de l’Institut Français et de l’État, Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire. Il a été sélectionné dans le cadre du mentorat de l’ENSP entre février et juin 2024, à ce titre, il bénéficie de l’accompagnement de Laia Abril et Lila Neutre.



RÉSUMÉ DU PROJET


Depuis maintenant 30 ans aux États-Unis, l’avidité de l’entreprise pharmaceutique Purdue Pharma et celle de tout un marché dans son sillon, ainsi que la politique de criminalisation des drogues ont créé une situation sans précédent : plus d’un million de personnes sont mortes des suites d’une overdose. 

A travers le pays, militants et familles manifestent leur détresse et crient leur colère. Ils demandent aux responsables de rendre des comptes. Dans l’ombre de ces derniers, les survivants mènent un combat d’une autre échelle. Ils luttent contre l’addiction qui les dévore et le désespoir qu’elle suscite. Alors que l’épidémie des opioïdes infiltre les moindres recoins de leur communauté, ces combattants d’un genre nouveau luttent pour récupérer ce qu’ils ont perdu : leurs enfants, un foyer, une voiture, leur dignité.

Les politiques en matière de drogues aux États-Unis ont échoué. Le trafic s’est densifié tout en devenant toxique - le fentanyl tue en masse depuis 2015 - et les prisons se sont remplies de personnes qui, plus que d’une incarcération, ont besoin de traitement et de soutien.

Les discours autour des usages des drogues peuvent être binaires et moralisateurs. Ils masquent des réalités qui sont rarement nommées : la précarité économique et/ou la détresse psychique des personnes qui perdent la capacité de fonctionner. N’est-il pas plus facile de blâmer les personnes en détresse que de s’interroger sur les responsabilités du système économique, politique et social auquel ils appartiennent ?

A War On Us s’intéresse aux causes et aux conséquences de l’épidémie des opioïdes au travers des regards des personnes qu’elle a affectées.



ORIGINES DU PROJET


Fin 2016, je suis partie vivre pendant six mois au sein d’une maison de transition américaine, qui accompagne, à leur sortie de prison, des personnes souffrant d’addiction. Ce n’était pas la première fois que je choisissais le - vivre avec - comme mode d’exploration du monde et processus créatif.  Je développe ce travail depuis 2019. Il est le fruit d’une immersion de six années au sein de la petite ville désindustrialisée de Rutland, située dans le Vermont, au nord-est des États-Unis.

INTENTIONS


A War On Us est une recherche qui interroge les liens entre les trajectoires personnelles, le politique et les violences systémiques, dans un contexte d’épidémie des opioïdes. À l’appui de plusieurs corpus d’images, ce projet photographique documentaire propose des éléments de réflexion sur l’addiction, mais également sur ses conséquences individuelles et collectives.

L’épidémie des opioïdes, loin d’être anecdotique d’un point de vue historique, est imbriquée dans un vaste système qui comprend les inégalités nord-sud (narcotrafic), la pénalisation de la consommation de drogues (War on Drugs), les violences systémiques (inégalités sociales, violences sexistes et sexuelles, racisme, etc.).

Historique, ne représente-elle pas la fin d’un système qui a définitivement échoué à prendre soin de ses concitoyens ? Encore faudrait-il que s’en fusse un jour le projet...

Dans le Vermont, des communautés, des familles et des individus ont décidé d’en découdre avec la crise. Par-delà les actions et dispositifs mis en place pour réparer ce qui peut encore l’être (centre de désintoxication, rehab, maison de transition, prescription de médicaments de substitution, groupe de parole et suivi thérapeutique), il y a les liens que l’addiction altère, la solitude qu’elle engrange.

Là-bas, dans des communautés rurales et autres villes désindustrialisées et déclassées, les traumas collectifs et individuels se confondent. Les paysages et les corps ont été affectés. Les communautés ont été ébranlées.

Quelles traces les paysages et les corps gardent-ils de ces traumas ? Réparer les liens est-il la condition préalable à toute forme de résilience collective et individuelle ? D’où vient cet élan qui permet parfois la guérison ?  Voici quelques questions qui guident ma recherche photographique.




SOUTIENS

Ce projet reçoit le soutien de l’Institut Français, en partenariat avec la Région Pays de la Loire d’une part et la Ville de Nantes d’autre part. Il reçoit également le soutien de l’État – Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire. En complément, ce projet a bénéficié en 2023 du soutien de personnes morales et physiques, dans le cadre d’une campagne de financement participatif.

Durant son développement, il a bénéficié du soutien de la galerie 77 Art basée à Rutland - Vermont et du Centre Photographique du Vermont.