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Adeline Praud a passé son enfance à scruter les albums de photos de famille de ses parents. Dans la maison familiale, il devait y en avoir une dizaine, dont une bonne moitié était dédiée à des événements ayant eu lieu avant sa naissance. Elle ne sait pas vraiment ce qu'elle y cherchait. Comprendre d'où elle venait ? Mettre à distance la réalité, le quotidien ? Savoir qui était cette homme et cette femme, ses parents ? Elle y revenait sans cesse, sans jamais épuiser le plaisir de cette lecture. Quelles réponses ces photographies se refusaient-elles de lui livrer ?

Depuis lors, la photographie demeure pour Adeline Praud une chose énigmatique ; comme si chaque image portait en elle un mystère, une essence insaisissable, à la fois aux regardeurs, mais aussi à son créateur. Sa pratique photographique, bien qu'essentiellement documentaire, est ainsi intimement personnelle. On dit que pour qu'un être humain fonctionne de manière optimale, sa part consciente et sa part inconsciente doivent dialoguer, naturellement.
L’auteure émet ainsi l’hypothèse que sa pratique photographique relève, d'un certain point de vue, d'une démarche de résilience. Le psychiatre Serge Tisseron dans son essai  Le mystère de la chambre claire : Photographie et inconscient, développe l'idée que le boîtier de l'appareil photo constitue au même titre que l'inconscient, un espace où stocker ce qu'il nous est impossible d'assimiler dans l'instant présent. « Toute création est ainsi à la fois le témoin d'un processus d'introjection psychique laissé en souffrance et la tentative d'en constituer l’auxiliaire. Elle est en cela un processus toujours inachevé. Cet inachèvement n'est pas son échec, mais sa fatalité. L'introjection « rate » toujours ce qu'elle tente ou, plutôt, elle le réussit d'une façon toujours imparfaite et toujours à parfaire. »

Photographie et engagement résonnent dans sa pratique documentaire. Adeline Praud n'est pas dupe, ses travaux ne changeront pas la face du monde. Et pourtant, ce qui l'anime et l'interroge sans cesse, au-delà de sa recherche esthétique, c'est l'impact que produisent ses gestes, ses choix, ses actions, lorsqu'elle mène ses projets artistiques et sociaux.

À plusieurs reprises, Adeline Praud a choisi de travailler en immersion longue (France, États-Unis). Elle y cherche la porosité des mondes et la confrontation des cultures, qui déstabilisent et confrontent à soi-même ; elle considère ses projets, avant tout, comme des aventures humaines. C'est d'ailleurs en compagnie de ses camarades photographes, au sein du collectif bellavieza, qu'elle découvre tout un pan de la photographie américaine, qui continue de l'inspirer aujourd'hui dans la réalisation de ses portraits et des paysages auxquels ils sont parfois associés.

Sans doute la photographie n'est-elle pas assez bavarde pour Adeline Praud. Ou peut-être est-ce tout simplement son goût pour l'écriture qui l'amène à vouloir travailler la relation esthétique et narrative que peuvent entretenir les mots et les images. Cette recherche, bien qu'encore en germe, est pour l'auteure essentielle.

Son travail a été shorlisté par le British Journal of Photography dans le cadre du prix Portrait of Humanity 2022. Ses images seront publiées chez Hoxton Mini Press.


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BIOGRAPHIE


Ancienne étudiante à l’école des Beaux-Arts de Nantes, Adeline Praud réalise ses premières photographies au Maroc en 2000. Elle mène ensuite une carrière dans le secteur culturel. Sans doute n'était-elle pas prête, à l'époque, à s'engager, comme elle l'a fait plus tard, en photographie.

En 2012, elle participe à un workshop animé par Claudine Doury durant Les Rencontres d’Arles. C'est à ce moment précis que la photographie reprend une place importante dans sa vie.

En 2013, elle intègre le collectif de photographes bellavieza. En parallèle, elle continue de se former au travers de multiples formations et workshops : École Nationale Supérieure de la Photographie, Rencontres d’Arles, VU', Aperture N.Y C'est sur ce chemin qu'elle croise la route de Jean-Christian Bourcart. Sa générosité et sa culture photographique la bousculent et la nourrissent. Grâce à lui, elle découvre les travaux de Jim Goldberg, un photographe qui mêle dans sa pratique l'image et le texte.

Depuis 2017, elle développe un travail au long cours dans une petite ville rurale désindustrialisée du nord-est des États-Unis. Elle y documente le combat individuel et collectif d'une communauté qui se bat contre l'épidémie des opioïdes. Ce projet est soutenu par L'Institut Français.

Elle anime depuis 2016 des workshops à destination des photographes. Elle intervient régulièrement en milieu scolaire sur des projets de créations partagées. Elle enseigne la photographie.

Enfin, désireuse de mobiliser la photographie dans le champ de l’action sociale, elle initie courant 2018, la création de l’association L’œil parlant, dans le but de mettre en œuvre localement et à l’international des projets photographiques à destination des publics précaires et/ou marginalisés.

Son activité alterne entre des projets personnels qu'elle développe dans le cadre de résidences (77 ART Gallery - USA, Le carré d'Art – réseau diagonal, etc.), des cartes blanches et des commandes, notamment pour la presse nationale (Le Monde, Les Échos, etc.) et les secteurs de l’éducation populaire et de l’économie sociale et solidaire. Lorsqu'elle ne produit pas d'images, Adeline Praud anime des projets en tant qu'artiste intervenante ou en tant que facilitatrice.

Adeline Praud est née en 1979.
Elle vit à Nantes, travaille en France et à l'étranger.