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Let’s talk second chances

Projet en cours aux USA -  2017/2020
Titre provisoire

+ Un documentaire de création
+ Un projet de livre photographique
+ Un projet d’ateliers de photographie participative











Je ne saurais dire ce qui m'a amené ici la première fois. Je pourrais tout au plus répéter ce que je réponds lorsque que l'on me pose la question : « Je voulais améliorer mon anglais. Je cherchais l'inspiration pour un projet photographique. » Je me suis accommodée de ces réponses. Elles étaient pratiques. Pas besoin jusqu'alors de creuser plus profond. Revenir. Repérer. Photographier. Tout en sachant que le vrai sujet, la vrai raison m'échappaient encore. Qu'est-ce qui a bien pu m'amener à venir vivre six mois dans une maison où cohabitent des ex-prisonniers souffrant d'addictions ?

Ce n'était pas la première fois que je choisissais le « vivre avec » comme mode d'exploration du monde. J'aurais donc du comprendre, pour l'avoir déjà vécu, que c'était aussi d'une part de moi-même dont j'étais en quête. Alors, je reviens sans cesse. Bientôt douze mois passés ici. J'évolue sur ce territoire en souffrance depuis près de trois ans. Rutland, Vermont, USA. J'observe les corps cabossés, parfois meurtris. J'écoute les trajectoires personnelles, à la fois singulières et communes. Douleur. Je sais qu'il est aisé d'y sombrer, car là-bas, l'ennui et les expériences traumatiques vous portent vers des contrées dont il est difficile de revenir. Certains ne reviendront jamais. Overdose.

Rutland subit une crise que l'on dit sans précédent : l'épidémie des opioïdes. Pourtant, si l'on y regarde de plus près, il est aisé de se rendre compte que cette terminologie, ainsi que les représentations qu'elle suscite, figent les esprits. La réalité est bien plus complexe ; l'alcool, l'héroïne, le crack et la cocaïne continuent de faire des ravages. Mais voilà, la crise des opioïdes sait faire parler d'elle, aussi car elle touche de nouvelles catégories de population jusqu'ici partiellement épargnées par les addictions aux opiacés. Elle permet également aux États, collectivités et associations d'obtenir des subventions pour lutter localement contre les ravages des addictions. Alors même que beaucoup savent que la crise porte mal son nom, elle a le mérite de mobiliser certains territoires qui, ayant identifié un ennemi commun, se mettent en mouvement pour réparer ce qui peut encore l'être.

Les États-Unis font face à des problèmes de drogues depuis des décennies, et, ni War on drugs, ni la politique d'incarcération massive et ciblée des dealeurs ou consommateurs n'ont résolu le problème. Au contraire, le système judiciaire américain a continué de se doter de lois favorisant le retour en prison des personnes souffrant d'addiction. Certains territoires sont devenus des no-go zones – Camden, New-Jersey, le quartier de Kensington à Philadelphie – la collectivité et l'état n'y assument plus leurs missions. Les travaux photographiques de Jean-Christian Bourcart (Camden) et de Jérôme Sessini donnent à voir la détresse et la misère des populations qui y survivent avant le grand plongeon, une seringue dans le bras.

A Rutland, je rencontre des personnes qui entament le grand combat. S'en sortir. Reprendre le contrôle sur leur corps, ainsi que sur leur esprit. Ne plus dépendre d'une substance pour survivre. Faire face à ce qui a été enterré depuis si longtemps : traumatismes et douleurs corporelles. Je rencontre aussi des personnes qui ont entamé un parcours de guérison depuis quelques mois ou quelques années. Et puis il y a les autres qui vivent en pointillé, entre période de sobriété et période de rechute.

Je me reconnais dans le besoin de protection et dans la nécessité de l'échappée. Je connais la submersion émotionnelle. Chacun ses addictions. Ce que je sais, ce que les miennes ne me tueront pas, littéralement.

Poésie de Samatha Cochran

Please don't open Pandora's box, her secrets are as sly as a fox. She is a rigged layered box compelled by thoughts. Her curves are voluptuous through and through. Her time turns to night terror into fright. Standing at the end of a darken tunnel praying for light or at least guidance to what is right. No thought, no sight, no wrong, no right. Not rudeness nor polite, no forgiveness, no fight. Just standing alone in the moment tonight Pandora's box in sight. Where did you go, who did you know. Who did you love and who did you through. Time makes you weary you already know.Who tells the truth and who puts on a show. Pandora's box knows, but the truth is barried so deep it never flows. Nothing is alive therefor nothing grows. Entangled in sorrow it is  a pitiful tomorrow. Pandora's box knew and she fitted to me like Cinderellas shoe, left me puzzled without a clue. I got up and engaged I didn't want to be left behind in old age. Life is a maze where only the strong find their ways. People with riches like to play. The good and the humble never stay. I was trained to pray, but that thought drifted away. Because of things I have saw, broken so badly my only choice was to crawl. Have you ever had a man smack you cause you were to tall then promise he would catch you if you fall. As my skin thickened I built a wall. Everyone noticed everyone saw. Always escaping deaths claw. How I ask if I am so minuscule and small. Pandora's box holds it all, fiction or truth I just want out of this depressive sleuth but I am bound with chains with no proof. I wonder how long I must stay. I go to sleep awakening hoping tomorrow is a better day.


J’ai rencontré Samantha en mars 2019.
Elle est l’une des résidentes de Mandala House,
une maison de transition pour femmes toxycomanes basée à Rutland.











Le projet que je développe ici comprend un documentaire de création - accompagné par la société de production A perte de Vue - des ateliers photos qui mobilisent l'approche de la photographie participative en direction de femmes souffrant d'addictions, et un livre photographique composé de plusieurs séries photo, de poésie, et de témoignages.
Au cœur de ces projets, par de-là le geste artistique - la création d’un documentaire et d’un livre photographique - il y a mon désir de dé-construire les préjugés et les peurs que nourrissent l'addiction et la pauvreté et de partager les points de vue et les expériences de ceux qui la vivent.



Let’s talk second chances a bénéficié du parcours d’accompagnement pour réalisateur porté par la Plateforme - Pôle Audiovisuel et Cinéma des Pays de le Loire. Il a été sélectionné pour Les Rencontres d’Août 2018, résidence pour binôme de réalisateur/producteur durant les États généraux du documentaire de Lussas (Ardèche).



Il est accompagné par la société de production A perte de Vue, a reçu les aides au développement des régions Pays de la Loire et Bretagne, ainsi que de la Procirep.

Ce projet est soutenu par la galerie 77ART et le Centre Photographique du Vermont.

Remerciements infinis aux hommes et aux femmes qui me font confiance en me confiant leur histoire et leur visage, ainsi qu’aux structures locales qui me soutiennent :
Terese Black - Dismas House, Keith Tallon - Rutland Probation and Parole - Department of Corrections, Kiley Dixon - Rutland Treatment Court Docket, Mandala House, Evergreen et l’équipe et les volontaires de Turning Point.

Merci à Martha pour les références et mises en relation, à Colleen pour les traductions, à Elissa pour son amitié. Merci à Shawn, qui a donné vie au projet de film.
To be continued...