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I want to change but
I don’t know how to.
I feel so lonely.


Projet photographique en cours aux USA - 2017/2020
Livre, exposition, ateliers.

Mêlant quête personelle, justice sociale, écriture et photographie contemporaine documentaire, ce projet est le fruit de douze mois passés au sein d’une petite communauté rurale post-industrielle du Vermont, Etat de le Nouvelle Angleterre, Nord-Est des États-Unis.











“Je me reconnais dans le besoin de protection et dans la nécessité de l’échappée. Je connais la submertion émotionnelle et j’y apporte tout autant, d’insatisfaisantes mais cependant non mortelles réactions.”





Novembre 2016. Je m’apprête à vivre six mois dans une maison de transition qui héberge des personnes souffrant d’addictions, tout juste sorties de prison. Au cours de ces 6 mois, je produis un film court qui témoigne du travail accomplit par la maison où je vis, à travers l’exploration du parcours de deux de “mes colocataires”. Je nourris également une correponsdance fictive avec mon neveu qui ne sait pas encore lire... En parallèle, je développe un projet photographique qui deviendra au fil des ans : “I want to change but I don’t know how to. I feel so lonely”.

Ce projet se compose de photographies, de récits, de témoignages et de poésies. Il est le fruit de rencontres que j’ai faites à Rutland, au sein d’une communauté qui se débat avec l’épidémie de drogues qui frappe le pays tout entier. La plupart des hommes et des femmes que je rencontre démarrent tout juste un parcours de guérison. Cette période nécessite honnêteté, engagement et détermination ; l’approche est holistique, elle implique thérapies, démarches administratives, réconciliations. Au cours de ce parcours qui se joue en collectif, mais qui se vit en solitaire, je réalise des portraits de personnes que j’ai d’abord interviewées, et je leur demande aussi : “Si l’addiction était un objet, que serait-elle et pourquoi ?”.

L’addiction nous concerne presque toutes et tous à des degrés divers. Quel qu’en soit le degré ou la nature, elle relève des mêmes mécanismes, des mêmes besoins et des mêmes failles. Protection, fuite, stress, angoisse, syndrome post-traumatiques, etc. En donnant la parole aux personnes qui la vivent aux lisières de la mort, mon intention est de montrer que les addictions ont leur raison d’être - traumatismes, violences, pauvreté, perte de sens - et qu’elles ne définissent surtout pas les personnes qui en sont victimes. J’ai l’immense chance de rencontrer des personnes qui partagent sans filtre et avec une grande honnêteté leur parcours de vie. Elles et moi espérons ensemble briser des peurs et des stéréotypes par la création d’un récit photographique participatif.



PS : Je suis à la recherche d’une résidence d’écriture et d’une résidence de post-production afin de finaliser mon projet, notamment en questionnant le dialogue photo - texte, tant d’un point de vue formel que du point de vue du récit.

















“Je ne savais pas si j’étais prête à changer”





Jean est une jeune femme qui réside, lorsque je la rencontre en mars 2019, à Mandala House, l’une des trois maisons de transition de la ville.


« Je ne savais pas si j’étais prête à changer. Jusqu’ici, j’avais toujours chercher à tromper le système, à dire à mes proches ou à mon officier de probation ce qu’ils voulaient entendre. J’ai essayé d’arrêter de consommer à plusieurs reprises, mais mes motivations n’étaient pas les bonnes. Il faut vouloir s’en sortir pour soi même, pas pour faire plaisir à ses proches, sinon, ça ne marche pas. J’ai mis longtemps avant de le réaliser.”


Tu me racontes ton parcours ?

J’ai commencé à me droguer pour éviter de ressentir la douleur d’être battu chaque jour. A l’époque, je vivais à l’hôtel avec ma fille et son père, Marcus. Un jour, alors que Marcus était dans la salle de bain en train de se défoncer, quelqu’un a frappé à la porte. J’ai ouvert. La personne était masquée, mais je l’ai reconnue. Il voulait que je lui donne notre stock. J’ai refusé. Il a braqué une arme sur ma fille. Alors, je lui ai dit de prendre l’argent qu’on avait. Au moment où il quittait la chambre, le père de ma fille est arrivé. Il lui a pris le flingue et lui a tiré dessus à deux reprises. Dans la précipitation, j’ai posé ma fille sur le lit qui était recouvert de pilules. J’ai débarrassé la chambre et je suis partie pendant que Marcus attendait la police. Il a été envoyé en prison pour trois ans.

J’ai vécu à Barre jusqu’à mes 19 ans. Après l’épisode de l’hôtel, j’ai suivi mes parents dans le sud du Vermont. Changer d’environnement m’a motivé à arrêter de consommer. Ça allait. Je restais tranquille à la maison, puis, ma mère a déménagé à Manchester. Je l’ai donc suivit. C’est là que j’ai rencontré de nouvelles personnes, des mauvaises fréquentations. J’avais pas vraiment besoin d’argent à ce moment là car j’avais un boulot, mais j’en ai eu l’opportunié, alors j’ai recommencé à dealer. Au bout de quelques mois, je me suis faite arrêtée. C’était ma première fois en prison. J’y suis restée un an. Gràce à l’aide d’une association, j’ai pu reprendre un appartement quand j’ai été libérée. J’ai aussi trouvé un boulot.

Quelques mois plus tard, je me suis remise à consommer et à dealer. J’avais des bons contacts à New-York et Sprinfield. Je me faisais de plus en plus de bénéfices. 35 dollars, c’est beaucoup pour une petite pilule. Puis, j’ai commencé à vendre de l’héroïne. Cétait encore plus rentable. J’ai peu touché à l’héroïne, mon truc c’était plutôt la cocaïne ; je me suis jamais injectée quoi que ce soit dans les bras. En parallèle du deal, je convoyais de la drogue depuis les grandes villes des états alentours. Une femme au volant c’est moins suspect, qui plus est, tu peux cacher la drogue là où personne ne la trouvera. Tu vois ce que je veux dire ? (...) Dans un sens, c’est plus facile d’être une femme dépendante, tout simplement car les dealers sont des hommes et qu’ils échangent facilement des faveurs sexuelles contre notre consommation. Si tu veux quelque-chose, tu couches. C’est horrible, c’est dégoutant mais c’est comme ça que ça marche. En septembre 2017, je suis partie à New-York. Je m’y suis prostituée pour me payer ma drogue. A mon retour dans le Vermont, je me suis faite arrêtée. J’avais été enregistrée à mon insu. La police avaient des preuves. Apparemment, ça faisait un moment qu’ils me cherchaient. Cette fois là, je suis restée 15 mois en prison.





J’ai toujours été LA droguée. Jusqu’ici, je n’avais jamais regardé la situation d’une autre perspective. J’ai jamais été la personne effrayée à l’idée qu’un coup de fil allait arriver disant qu’un proche était mort. C’est ce que ma mère à vécu pendant des années. Le truc quand tu deviens dépendant, c’est que tous les moyens sont bons pour te payer ta dose. Et donc, tu fais des trucs qui risquent de t’envoyer en prison, et tu risques parfois ta vie. En ville, j’ai souvent couché avec des hommes que je ne connaissais pas, sans aucune échappatoire si ça tournait mal. J’ai été agressée. J’ai été battue. J’ai été enfermée dans une chambre d’hôtel car le dealer voulait me contrôler, coucher avec moi quand ça lui chantait (...). Ça m’a pris quelques mois avant de pouvoir intégrer Mandala. Leur programme est très stricte et cela demande un gros investissement, y compris quand tu postules pour le programme. J’étais tellement heureuse quand j’ai appris que j’étais choisi. (...)

Je veux changer. Je suis clean depuis trois mois. Je me sens bien et j’ai les idées claires. Je veux arrêter de me mettre dans des situations dangereuses. J’en ai marre de ne penser qu’à la défonce. J’en peux plus de risquer ma vie tous les jours. Je veux trouver un boulot, me payer une voiture, reprendre un appartement. C’est ça que je veux maintenant, et je pense que je le mérite.»



Depuis, Jean a terminé le programme, trouvé un emploi qui lui plait et amménagé dans un appartement proche de celui de ses parents, qui ont, légament, la garde de sa fille.




Calendrier du projet



2ème semestre 2020
Printemps 2020
Hiver 2019/2020
Automne 2019
Juillet 2019
Juin 2019
Mai 2019
Mars 2019
Novembre 2018
Février 2018
Septembre 2017
Hiver/Printemps 2017
Novembre 2016

Expositions à Rutland et au Centre Photographique du Vermont, Brattleboro
Ateliers photo menés auprès des habitants de deux maisons de transition de Rutland
Éditing, écriture et dernières sessions de création
Écriture et recherche de fond pour le financement des ateliers de photographie participative
Workshop Teaching Visual Literacy - Fondation Aperture, New-York
Résidence de création au sein de la galerie 77ART, Rutland
Obtention du soutien de l’Institut Français, en partenariat avec la Région Pays de la Loire
Session de repérages (film documentaire) + prises de vue
Session de repérages (film documentaire)
Formation à l’approche de la photographie participative - Photovoice, Londres
Résidence photographique
Première session de création (film documentaire, écriture, photographie)
Arrivée à Rutland




Ce projet est soutenu par :

                    



Il a pu se réaliser grâce au soutien de la productrice qui m’accompagne sur mon projet de film documentaire
Emmanuelle Jacq, de la société de production A perte de Vue.